NOS KAKIS

Noirs tout couverts de ténèbres
La moustache en fer forgé
Par milliers dans les tranchées
Ils rêvent à des jours célèbres
Et d’autres armistices
Ces mots comme fleurs pourrissent
Sur le fumier des armées

Ref.
En petit et grandes bretelles
Nos kakis d’aujourd’hui
Ruminent sabre à l’étui
Le laurier des gloires fanées

Un grand faible pour la fesse
De la femme du voisin
Rêvant de nouveaux Verdun
De guérillas dans l’Aurès
A la tête de ses troupes
En frappant sur la croupe
De son pur-sang féminin

La bouche toujours tournée
Du même côté du goulot
Ne laisse pas passer l’eau
Ni breuvage de nouveau-né
A chacun ses drogues
Ses rêves et ses pirogues
Ses terres à conquérir

Ref.

Ils ouvrent à double battant
Leurs jambes le dos tourné
Pantalons déboutonnés
Du côté d’où vient le vent
Tout est question de dentelles
De souplesse de bretelles
De veste retournée

Mais croisées sur la bedaine
Ils apprennent aux cours du soir
Simple question de devoir
Le jeu des guerres foraines
Comme le font en novembre
Les députés dans leur chambre
Sur le divan de l’histoire

Ref.

Mais le pis faut qu’on le dise
C’est qu’ils se reproduisent (2)