Il AURAIT FALLU

Il aurait fallu taire ces reproches
Fous comme querelles de papillons
Quand tu as fait la moitié du chemin
Et même un peu plus quand tu tends la main
Plutôt que d’avoir mis les miennes dans mes poches

Il aurait fallu dire ces paroles
Dans la soirée lorsque chantent les grillons
Ma petite épouse ma douce colombe
La robe cerise quand elle tombe
Il ne reste que le fruit ma douce folle

Il aurait fallu écrire en rimant
Sans chercher ni compter sans brouillon
Transformer le temps à l’air vague
En semaine courbée comme une vague
Le dimanche brillant tout comme un diamant

Il aurait fallu attendre le moment
Où le sommeil ne met pas son bâillon
Où la nuit referme sur nous son écrin
Quand se replient en ailes de cygne tes reins
Lorsque la nuit oublie dans tes yeux ses gants

Il fallait oublier mais rien n’empêche
De garder ton absence en médaillon
Quand à minuit l’insomnie s’en mêle
Le dos me fait mal à l’endroit des ailes
Et mon coeur où venaient me frapper tes flèches