FROIDEMENT VOTRE

Elle n’a robe
Guère plus grande qu’un microbe
Que le temps et modes dérobent
Et dans la tête
Des idées folles que l’on mette
Tous ses charmes à l’arbalète
Le mois d’avril
Mettra ta beauté en péril
Si tu te découvres d’un fil
Froidement vôtre
Neige qui dure en attend d’autre
En plein hiver où sont les nôtres?

La coccinelle
Longtemps à l’abri sous l’aisselle
Avec des ailes de dentelle
A du jasmin
L’odeur et la couleur carmin
Que ne déplorent les gamins
Dessus la branche
L’envol a promis des dimanches
De soleil doré sur tranche
Froidement vôtre
Neige qui dure en attend d’autre
En plein hiver où sont les nôtres?

Que pense-t-elle
Aujourd’hui la demoiselle
Du bel amour que le corps scelle
Souvent déçue
De ce que l’on vole à l’affût
Les charmes trop tôt dévêtus
Des bivouacs
Dressés et des amours en vrac
Qui chancellent de leur hamac
Froidement vôtre
Neige qui dure en attend d’autre
En plein hiver où sont les nôtres?

Se met en tête
D’idée ni bonne ni parfaite
Me vise comme sa conquête
Or n’ai ni dot
Ni voiture basse à capote
Encore moins de barque ou de yacht
Sur l’estomac
Comme la fumée d’un tabac
Me resterait cet amour-là
Froidement vôtre
Neige qui dure en attend d’autre
En plein hiver où sont les nôtres?