J’AIME LES EGLISES

J’aime les églises
Pour leur fraîcheur l’été
Et vêpres mouv’mentées
Que tu passes assise
Sur le bénitier
Des jours mal fréquentés

J’aime les églises
Le buisson des vitraux
Fait des fleurs sur ta peau
Au goût de cerise
Dont rêvent les corbeaux
Le prêtre et le bedeau

Au fond des églises
Les endroits encensés
Par ton bras balancé
Et les terres promises
Je les ai offensés
Sur ton corps renversé

C’est par simple franchise
Parfois par folie qu’au
Chapelet de ton dos
Très souvent j’improvise
En éternel dévot
Des prières en argot

Dans les ombres grises
Tes petites soeurs en noir
Se souviennent des soirs
Passés sans chemise
De leur long corps d’ivoire
Au fond du vieux dortoir

Des folles gourmandises
Quand le coeur les démange
Et des plaisirs étranges
Que l’envie aiguise
Et sans rien dire lorgnant
L’entrejambe des anges

Secrètes convoitises
Du mal du défendu
Les morales et vertus
En pensées circoncises
Le bonheur est perdu
S’il n’est pas défendu

Le bonheur est perdu
S’il n’est pas défendu